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MILIEU NATUREL

Située au Nord-Ouest de l’Algérie occidentale, la wilaya de Tlemcen a une superficie de 9020 km2 représentant une très grande variété de paysages, piémonts côtiers, plaines et plateaux, montagnes et steppe.

RELIEF

D’une manière générale, le territoire de la wilaya peut être divisé en quatre unités physiques :

A)Au nord, le massif des Traras longe la méditerranée sur 80 kilomètres de côte. L’oued Kiss et la Tafna délimitent à l’ouest et au sud cet ensemble complexe aux formes lourdes, composé essentiellement de calcaires, de marnes et d’argiles. L’érosion des versants donne à cette région un aspect tourmenté et raviné. La forte occupation humaine s’est traduite par un morcellement intense des parcelles donnant, selon les saisons, une mosaïque de couleurs spectaculaires. Les pluies ne favorisent guère le couvert végétal composé de boisements et de cultures annuelles, très souvent co-plantées d’amandiers. Le point culminant de ce massif est le Djebel Fillaoucène, 1136 mètres, près de Nédroma. Les Traras continuent vers l’est par les monts de Sebaa Chioukh. La rupture de cette chaîne est provoquée par la vallée de la Tafna

B)Les plaines intérieures de Maghnia à Sidi Abdelli occupent la vaste dépression drainée par les oueds Tafna et Isser. C’est cette zone qui donne à la wilaya de Tlemcen l’essentiel de sa vocation agricole. La plaine de Maghnia avec son périmètre aménagé de 4500 hectares et la vallée de la Tafna, où l’irrigation se fait au fil de l’eau, constituent les zones agricoles les plus riches.
a.Les monts de Tlemcen qui occupent plus d’un tiers du territoire de la wilaya ont une altitude moyenne de 1200 mètres. Le point culminant est le Djebel Tchenoufi (1843 mètres) au nord de Sidi Djilali. Sur un support géologique jurassique et crétacé s’est formée une variété remarquable de sols allant de la roche mère au sol évolué. La constitution géologique donne aux monts de Tlemcen un grand pouvoir de rétention de l’eau au point où les hydrogéologues leur attribuent l’appellation de château d’eau de l’Ouest. Ils comportent : - les régions forestières de Hafir et de Tsarifet qui constituent un massif boisé continu de près de 11000 hectares comportant une végétation associant chêne-liège et chêne vert avec des sous-bois souvent riches en espèces.

b. Cette zone forestière cache des sites très agréables favorables aux activités touristiques telles que les colonies de vacances, les circuits pédestres et la chasse. L’avenir de ces forêts méditerranéennes paraît cependant gravement menacé par le fait que celles-ci constituent des écosystèmes très fragiles. Cependant, leur état actuel n’est pas irréversible puisque dans les parcelles de « mis en dépend » nous assistons à une remontée sylvatique non négligeable notamment pour le chêne qui semble obéir à une formidable dynamique. La présence de microclimats dans les fonds de vallées des monts de Tlemcen a engendré une grande variété de paysages très pittoresques : - les gorges de l’oued Khémis et de la Tafna avec ses jardins - la cuvette de Terny qui est une curiosité de la nature (la récente découverte de fossiles d’une faune lacustre atteste de la présence d’un lac – probablement du quaternaire moyen – et par conséquent probablement d’une civilisation lacustre. Au printemps et au début de l’été, la cuvette est tapissée de belles fleurs rupicoles (goutte de sang, iris, lys, tulipe sauvage, etc..). Vers le nord, les contreforts septentrionaux des monts de Tlemcen se prolongent par un palier inférieur, le plateau de Lalla Setti (1025 mètres), et, en contrebas, un second palier (806 mètres) sur lequel s’est établie l’ancienne ville de Tlemcen. Au sud-est, les crêtes du Mefrouch dominent à 400 mètres la ville tandis que, plus à l’est, le djebel Chouiter (1163 mètres) à gauche et le djebel Hanafi (1208 mètres) à droite, avec leurs hautes falaises encadrent un ravin profond où l’oued Mefrouch a creusé dans les dolomites cette roches calcaires très sujette à l’érosion, laissant des escarpements roses et même rouges, donnant naissance aux célèbres cascades d’El Ourit qui ont fait la fierté de Tlemcen. Mais hélas, cascades et rivières ont disparu pour alimenter le barrage du Mefrouch qui dessert en eau potable la ville de Tlemcen. Plus à l’est encore, la vallée des Ouled Sidi El Hadj, sur l’oued Chouly, demeure avec ses jardins verdoyants le terroir des plus belles cerises de la région.

c. La zone steppique occupe toute la partie sud de la wilaya. C’est une immense étendue plate, d’altitude 1170 mètres, parsemée de quelques monticules (djebel Mekaïdou) et même de dépressions (telle que Dayet El Fard). C’est le domaine des terres pastorales et alfatières. Le surpâturage et la sécheresse sont les deux menaces de dégradation de ces terres de parcours ; des reboisements de protection sont initiés de plus en plus pour lutter contre le phénomène de désertification.

LE CLIMAT DE TLEMCEN

Le climat de Tlemcen, de type méditerranéen, est caractérisé par deux saisons : une saison humide qui s’étend d’octobre à mai avec des précipitations irrégulières et irrégulièrement réparties sur le territoire de la wilaya dans l’espace et dans le temps. Si la moyenne de la pluviométrie de la wilaya se situe autour de 400 mm, ce chiffre peut atteindre 850 mm dans les monts de Tlemcen et moins de 300 mm au sud de Sebdou. Les trois quarts des 410 mm de pluie que reçoivent les Traras tombent d’octobre à mars, en 37 jours La température moyenne pour cette saison oscille généralement autour de 10° avec une température minimale absolue pouvant aller jusqu’à moins 6°. Les hivers sont donc assez rigoureux avec vent, neige et gel.. une saison sèche : elle va du mois de juin au mois de septembre. La température moyenne en cette saison oscille autour de 26° avec un maximum pouvant atteindre 40°. La température moyenne annuelle est de 18°. La situation géographique, les différences d’altitude rendent le climat plus complexe par la création de nombreux microclimats et confèrent à la région de Tlemcen une richesse floristique endémique tant rupicole, messicole que sylvicole, devenant le « Temple des botanistes » et constituant une véritable maquette naturelle très diversifiée tant par sa flore que par son édaphologie.

TLEMCEN ET SES ENVIRONS

Elle comporte :
le bocage tlemcénien constitué par la ville et sa proche banlieue, les petites villes environnantes. Le bocage tlemcénien : situé au pied du causse jurassique à 600m d’altitude, là où sourdent les eaux infiltrées dans les calcaires, d’où le nom de TILIMSEN qui veut dire « les sources » en berbère. Ce n’est qu’un grand verger, d’où la dénomination de bocage tlemcénien. Sur un rayon de 5 kilomètres, il présente un aspect des plus riant, avec sa végétation constituée de jardins maraîchers, de primeurs et d’arbres fruitiers les plus variés : cerisiers, figuiers … et ses vignobles qui portent au loin sa renommée (cru de Lismara, coteaux de Tlemcen). Ce bocage, avec ses parcelles au noms poétiques de Riat el Kébir, Arsat Benmamcha, Koudiat el Ouchaq, Riat Makhoukh, Ghars el Bey, El Mounya … a été malheureusement, du fait de la création de la zone industrielle et d’une urbanisation parfois exubérante, amputé d’une bonne partie de sa superficie. La banlieue de Tlemcen se développe dans toutes les directions, mais particulièrement à l’ouest pour rejoindre de nombreux petits villages autrefois distincts, aujourd’hui presque soudés à la ville elle-même : Mansourah, Chétouane, Saf-Saf, Imama, El Kiffane, Feddan es-Sebaa, El Koudia, Aïn Defla, Abou Tachfine, tandis qu’au nord, elle est limitée par une série de petits sommets : Tafatisset, Dhar El Mendjel, Djebel Djilalin, Aïn El Houtz, collines de Chetouane et Sidi Yahia qui constituent une sorte de croissant. Pureté de l’air – absence de pollution – climat sain et tonique, font de la région une zone privilégiée avec des vertus curatives, particulièrement pour les affections respiratoires telles que l’asthme.

Mohamed KORTI,
ingénieur des forêts à la retraite,
ancien conservateur des eaux et forêts
ancien directeur de l’EMIFOR
in « Guide touristique de Tlemcen et de sa région »
Edition de l’Office du Tourisme de Tlemcen 1994
Imprimerie « Ibn Khaldoun » Tlemcen